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Lors du New Year Event organisé par GUBERNA et Euronext, Sandra Gobert, Executive Director de GUBERNA, a dressé un constat sans détour : après une année 2025 particulièrement chahutée, le temps de l’attentisme est définitivement révolu pour les administrateurs. Dans un monde où la logique étatique et la politique de puissance des grandes nations dictent de plus en plus l’agenda économique, la gouvernance innovante apparaît comme le dernier levier stratégique à la disposition des entreprises.

La gouvernance innovante face au retour de la « raison d’État »

La croyance dans l’autorégulation des marchés a cédé la place à un ordre mondial dominé par le rapport de force. Selon Sandra Gobert, la « state rationale », la logique de l’État, prime aujourd’hui sur celle du marché. Les décisions aux conséquences globales ne se prennent plus sur les marchés, mais au sein des centres de pouvoir des grandes puissances.

Dans ce contexte, les mécanismes classiques de supervision ne suffisent plus. Les conseils d’administration sont appelés à adopter une posture beaucoup plus proactive, à se rapprocher des enjeux opérationnels et à dépasser toute forme d’autosatisfaction. Leur rôle consiste désormais à pousser le management à remettre en cause le statu quo et à anticiper des ruptures devenues structurelles.

En finir avec l’autoflagellation européenne

Malgré le vibe shift géopolitique et la rupture des États-Unis avec l’Accord de Paris sur le climat, GUBERNA refuse de céder au pessimisme européen. Dans son discours, Sandra Gobert a fait référence au professeur Hendrik Vos (UGent), qui a récemment affirmé dans De Standaard que l’Europe n’est peut-être pas faible, mais au contraire « irritante de force » par ses règles et sa stabilité sociale.

« Notre continent n’est pas en déclin », a déclaré Sandra Gobert. « Engageons-nous ensemble en faveur d’une création de valeur européenne durable. »

C’est précisément là que réside notre principal atout : une attention constante portée à la création de valeur durable et à la transition énergétique, portée par le monde de l’entreprise et soutenue par les accords Omnibus I. Dans un monde qui risque de perdre son compas moral, l’Europe fait le choix de l’orientation et de la cohérence.

Les chiffres montrent également que l’innovation vient de la base : en Belgique, les véhicules électriques représentent désormais 10 % du parc automobile.

L’IA, d’un dossier IT à un enjeu de souveraineté

L’intelligence artificielle s’impose en 2026 comme une nécessité stratégique. Trois grandes entreprises belges sur quatre ont désormais intégré ces technologies. Pour Sandra Gobert, l’IA ne peut toutefois plus être cantonnée à un dossier purement informatique : elle implique une transformation en profondeur des modèles d’affaires.

« Les conseils d’administration doivent acquérir une véritable culture de l’IA afin de définir leur propre positionnement stratégique », a-t-elle souligné. À défaut, les entreprises européennes risquent de voir leur autonomie s’éroder au profit de grands empires technologiques étrangers.

Mais la gouvernance de l’IA, à elle seule, ne suffira pas à relever les défis à venir. Dans un environnement marqué par une moindre régulation, les dimensions humaines deviendront déterminantes. L’éthique et le leadership feront office de garde-fous indispensables à la licence d’opérer. Une mission d’entreprise claire et transparente constituera le ciment nécessaire. Les administrateurs devront adopter une pensée intégrée et développer de nouveaux modèles mentaux pour maintenir leurs organisations sur la bonne trajectoire.

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